Des mots de passes

Il y a quelques semaines, une liste « volée » d’une dizaine de milliers de mots de passe  a été rendu sur un site de partage (pastebin).

Depuis les commentaires  sur la faiblesse (et le manque d’originalité) vont bon train.

En gros, les mots de passe du genre « 12345678 » ont la côte et les deux tiers ont moins de 10 caractères.

Si on rapproche cette liste d’étude indiquant que la majorité des internautes utilise toujours le même mot de passe, c’est quand même inquiétant…

Face à la multiplicités des offres disponibles, en particulier en ligne, il semble pourtant difficile d’avoir un mot de passe différents à chaque fois.

Une idée? Plusieurs choses existent… Mais le plus simple pour les partisans de 12345678 serait d’ajouter le nom du site (twitter12345678 pour le site de microblogging ou facebook12345678 pour échanger avec vos « amis »).

En plus la longueur sera plus grande donc vos mots de passe plus forts

C’est pour rire…

La rose et le Réséda

Pour couper court à la confusion

Aragon : » La rose et le réséda »

Cabrel : « Des roses et des orties »

 

À Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves
comme à Guy Môquet et Gilbert Dru
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon, La Diane Française